10 novembre 2008

Cave canem!

Chacune de mes lectures semblent suivre un rythme ternaire immuable, je m’écris plein d’enthousiasme Orage! Des espoirs! M’inclinant devant votre promptitude à succomber aux emportements enthousiastes, mais hélas rapidement je me mets à haïr cette sagesse ennemie que nous employons si mal en la plaçant sous l’empire de notre égotisme triomphant, qu’importe!

Cher Dude je ne remets pas en cause l’intégralité de votre propos, qui inlassablement s’évertue à parer toute objection possible, si bien que vous n’exposez rien qui ne transcende votre défense argumentative. Mais là semble être votre conception de la philosophie, et vous le faites si bien que je me dois de vous reconnaître un talent indéniable, sauf peut être pour votre dernière publication où vous semblez tant avoir recouru à une pensée chaotique qu‘elle en devient chancelante . Etiez vous pressé par un quelconque impératif moral? Ecoutez donc Rilke qui de son verbe tout végétal nous inciter à laisser mûrir [notre pensée] comme l’arbre qui ne hâte pas la sève le long de ses feuilles!Ou alors cessez de vous inspirer des feuillets mobiles de Shopenhauer, il n’y a pas d’art d’avoir toujours raison mais avoir raison est un art qui passe souvent par la reconnaissance des acquis obtenus par la sagacité d’autrui. Ainsi je vous trouve assez odieux et corrosif dans votre critique des propos d’Angély qui nous offre la meilleur vision de sa personne, son génie libéré du sophisme gratuit et de la rhétorique toute bouffonesque propre à son pseudonyme. J’acquiesce et approuve entièrement l’idée d'une primauté du moi sensible sur le moi intelligible, le rapport premier au monde étant il est vrai sensoriel, oserais-je vous rappelez , Dude qu’avant de penser l’être il nous faut le saisir?Alors que vous êtes convaincu que l'appréhension de l'être est impossible sans ouvrage réflexif préalable ce qui vous conduit inévitablement à vous faire partisan d'une métaphysique aporétique immuable et idéaliste. Pardonnez moi la naïveté de ce propos un peu trop empiriste à mon goût mais qu’il nous faut réitérer, Dude s’égarant dans les méandres de son esprit n’a pas vu qu’il niait les principes mêmes de ses conceptions philosophiques fondatrices. Revenons à votre notion de déterminisme sociétal que vous défendez depuis la création de cet espace de déraison. Je ne peux nier qu’il est réel mais qu’il ne conditionne pas notre identité, ainsi au travers d’un prisme subjectif nous décidons les conditions de cette adaptation au cadre politique, et déterminons par la même occasion les limites tolérables de notre acceptation. Le processus est assez similaire à un phénomène exposé par certains sociologues qu’ils qualifient de socialisation secondaire exercée par les groupes de pairs, en d’autres mots par la « camaraderie ». Votre entourage et vos fréquentations vous ont transmis un nombre de valeurs, d’affects mais le choix de vos fréquentations a été le fruit de votre propre initiative. De plus malgré un nombre de valeurs que vous partagez, les oppositions sont nombreuses et houleuses comme le prouve cet espace. Cet exemple n'est peut être pas très judicieux mais tend à prouver que le déterminisme sociétal que vous exposez n’est tout au plus qu’une influence, il est vrai nécessaire, sur laquelle nous effectuons obligatoirement un retour. L’assimilation de valeurs et des normes constituées ou leur refus voire leur négation nous appartient entièrement. Votre remarque portera sur la négation d’une liberté plénière au sein de l’espace politique, mais trouvez vous cette remarque judicieuse? La seul preuve d’un réel déterminisme sociétal se trouve dans la constitution d’une morale et d’une éthique dont nous pouvons aisément nous détacher et je pense que sur ce point vous vous ne me contredirez pas. Ainsi même si la société limite parfois notre attitude comportementale, en d’autres mots la geste sociologique ( Angély évoquait cette dimension publique surannée à l’Homme contemporain) elle n’influence en rien notre système de pensée dépendant entièrement de notre volonté propre et de nos exercice du jugement réfléchi sur des notions nécessairement inscrites dans l’interaction sociétale.

Allons plus loin la société à qui vous imputez une si grande importance n’est pour moi qu’un canin plus ou moins dompté. Ainsi elle peut nous émouvoir comme nous sommes émus devant un regard de chien battu, et comme nos amis les canidés elle nous contraint à un nombre certain de devoirs. Elle nous mord si ne nous tenons pas nos engagements, montre les crocs si nous nous élèvons contre elle, mais le simple fait que, comme tout propriétaire affectueux faisant prendre le soleil à son fidèle compagnon sur une aire d’autoroute en l’attachant solidement au pylône adjacent pour être sur qu’il ne le suive pas, nous pouvons de droit nous affranchir de toutes structures régulatrices de l’espace politique devenant trop pressantes tend à démontrer un fait certain: nous nous inscrivons nécessairement dans un espace politisé tant que celui-ci offre une réponse conforme à l’actualisation de nos intérêts particuliers.

Nous en arrivons donc à votre notion d’individualisme qui est je vous l’accorde évidente compte tenu du fait que c’est cette dernière  qui motive la condition première de toute structure politique. La société en elle-même n’est que l’association d’individu trouvant en elle un cadre propice à la réalisation de leurs désirs premiers, ainsi elle est contractuelle et suppose l’accord tacite d’individus qui reniant leur liberté plénière naturelle désire avant tout obtenir un contentement auquel ils ne pourraient prétendre à l’état naturel. Notre espace politique n'est qu'un vaste conglomérat d'envies et de desseins particuliers juxtaposés pour former un support d'échanges où le moyen terme est et demeure nos motivations singulières et contingentes.Chienne de société me dirais vous! Je ne fais qu’exposer un ordre naturel constitutif de toute régulation sociale qu’il nous faut  accepter et non vénérer ce que vous ferez sûrement en remettant en cause ce propos, toute entreprise de dénigrement de l’évidence conduisant votre intellect à se fixer sur des objets qui devrait lui être épargné.

                          Calx                                                                                                                                  

Posté par Calx8 à 23:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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