15 janvier 2009

"Nos meilleurs dieux sont dans notre vaillance"

Malhabile et emporté, je vous l'accorde, et avec quelque chose de la vapeur canine que Diogène me fit monter à la tête...Il reste à expliquer les cibles de ma critique, en prenant pour point de départ la strophe de ce poème, souvenez-vous: "il va bien plus loin, ce mendiant poussiéreux, il déclare en effet que toute entreprise humaine n'est que fumée". Il y a là dedans une critique radicale, un pet à la face des puissants de ce monde: imaginez plutôt...l'homme à la longue barbe et au regard fou, à la croisée des chemins, vêtu de son seul manteau et de sa force naturelle à faire trembler un Alexandre: un contradicteur, opposant aux valeurs de cette société avariée un naturel insouciant et une éclatante santé. L'homme qui enlace nu des statues couvertes de neige quand nos dirigeants se complaisent dans leur confort malsain...cherchez cette force du côté de notre chère Alliot-Marie ou de l'affreux nabot que la dictature du plaisir nous à offert comme chef. Comme est triste le monde que l'on nous offre à voir, comme sont tristes ces rangs de jeunes filles à franges et de jeunes hommes aux cheveux lissés, pourtant destinés à terme à tenir les plus hauts postes de "notre" nation, comme sont tristes ces longues files de conducteurs solitaires effectuant leurs aller-retour journalier pour aller sacrifier leur vie sur l'autel de la croissance économique, de la cuisine aménagé et de l'écran plasma leur permettant, le soir venu, de contempler leur déchéance dans le regard vide des ménagères de quarante ans venues chercher du rêve au rabais sur des chaînes financées par le contribuable, ultime humiliation du monstre froid et ricanant s'incarnant sous les traits du présentateur, roquet au sourire colgate et au brushing impeccable. Voilà pour ce qui est de la fumée de toute entreprise humaine, autrement compréhensible comme vanité ou farce grotesque. L'homme vidé de son sang et de sa force, le mouton et le berger, c'est ce qui me rend ce monde mou et méprisable.
Mais loin de moi tout nihilisme obtus, et, citant Thoreau, je vous dirai: "Qui êtes-vous, vous que le monde a déçus? N'avez-vous pas plutôt déçu le monde?" Et je suis intimement convaincu de la justesse de ces paroles. La confiance que je reposai dans ma chair, fragile et un jour, à n'en pas douter, putréfié, était une manière d'indiquer ma foi et ma reconnaissance dans un mouvement qui je l'accorde me dépasse. Et si la vertu est la manière dont il faut parcourir le chemin menant du liquide amniotique à la tombe, il est hors de doute que travailler à l'accorder à l'éclat de rire le plus profondément vivant est le chef d'oeuvre dont nous pouvons nous faire les seuls maitres...la tâche divine par excellence, notre tâche. Et vous m'accorderez, si ce n'est moi qui vous l'accorde, que l'esthétique, le cinéma et tout art à même de faire éclore sur les lèvres le sourire, prélude enchanteur à cette oeuvre d'intelligence qu'est le rire, est admirable en lui même et par ce qu'il montre de force vive.
En conclusion, mieux vaut courir nu dans la neige que de se laisser baisser par "l'affreux système" et les compensation à trois franc six sous qu'il nous accorde si nous nous abaissons à payer notre cul pour un frigidaire...je vous en reparle dans dix ans si je n'ai pas trop mal à la mâchoire d'avoir passé une dure journée de travail à quatre pattes sous la table de mon DRH.

Michka.

Posté par Calx8 à 19:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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